Petit retour d’expérience et conseils pratiques pour Claire et tous ceux qui envisagent l’aventure


1. La conduite d’un RV aux États-Unis

Les camping-cars qu’on appelle RVs (Recreational Vehicles) sont omniprésents aux États-Unis. On en croise partout : sur les routes, dans les campgrounds officiels, devant les supermarchés… Les routes sont plus larges aux USA et les infrastructures sont adaptées à ces grands véhicules : nombreuses aires de stationnement, voies séparées pour tourner à gauche ou à droite en ville. Tout cela rend la conduite étonnamment facile, même pour un véhicule imposant.

J’avais une petite appréhension avant de prendre le volant de mon C30 de Cruise America, long de 30 pieds (environ 9,50 m). Finalement, c’était bien plus simple que je ne l’imaginais. La largeur des routes et la logique des intersections font qu’on manœuvre sans stress. Même pour se garer, il est souvent possible d’entrer en marche avant et de ressortir tout droit.

Malgré l’absence de caméra de recul sur mon véhicule, les manœuvres ne sont pas très compliquées grâce aux grands rétroviseurs. Par contre le passager doit descendre pour surveiller les marches arrières mais c’est plus par sécurité et pour donner le « stop » que pour guider. En effet, on se guide facilement avec les grands rétroviseurs mais l’absence de caméra de recul nous empêche de savoir précisément où s’arrêter et un piéton peut se trouver dans l’angle mort.


2. Choix et réservation du camping-car

J’ai réservé via Motorhome Republic, un comparateur en ligne qui propose des prix compétitifs. Ils se sont révélés sérieux et réactifs.

Mon véhicule provenait de la flotte Cruise America, l’un des plus gros loueurs du pays, avec plus de 4000 RV. J’ai choisi un C30, leur plus grand modèle, officiellement prévu pour 7 personnes. En réalité, je dirais qu’il conviendrait plutôt à 4 adultes et 2-3 enfants :

  • 2 vrais lits doubles pour adultes,
  • 1 lit présenté comme « lit double » supposé accueillir deux adultes: en pratique, avec 1m80 je ne tiens pas seul dedans, même en diagonale -> lit d’enfant à la limite pour 2 enfants,
  • et un lit simple pour adulte petit (je dirais 1m60 max), à considérer comme un couchage d’enfant.

Pour notre famille (2 adultes + 3 enfants), c’était parfait. J’avais hésité avec le C25 (plus court, sans chambre parentale), mais le 30 pieds était non seulement plus confortable, mais aussi… moins cher au moment de ma réservation.

Au niveau des équipements de conduite, c’est minimaliste ! Mon véhicule avait moins d’un an et pourtant il n’y avait même pas de caméra de recul ni d’écran. Juste un autoradio bluetooth et un régulateur de vitesse comme il en existait déjà il y a 20 ans ici !

Si vous réservez chez Cruise America, mais c’est probablement le cas ailleurs, vous verrez probablement une table pleine d’accessoires et d’objets abandonnés, comme si un groupe les avait posés là. N’hésitez pas à vous servir !! Il s’agit de tous les objets que les gens qui on rendu leur camping car le matin ont abandonné. Nous même avons laissé : du charbon de bois, des ustensiles de barbecue, un grille pain, une cafetière, des sièges auto, des couverts jetables, objets de nettoyage, etc….

Astuce sur les tarifs

Le prix de location dépend fortement de la date de départ. En décalant mon départ du 25 août au 3 septembre, j’ai obtenu une baisse du prix journalier sur l’ensemble des 40 jours de location. C’est surprenant car on s’attendrait à une baise du prix des premiers jours mais non. Il faut bien réduire le prix de chaque jour, jusqu’au dernier ! L’économie réalisée a été considérable. Réserver tôt et jouer sur les dates peut donc vraiment changer la facture.


3. Les options et leur utilité

Lors de ma réservation, j’ai pris un pack complet : kilométrage illimité, utilisation illimitée du générateur, kit de literie et vaisselle pour tous.

Petite mésaventure : on ne m’a remis qu’un seul kit de draps au lieu de 5 prévus. Après réclamation auprès de l’agence (via un petit courrier dicté en 30s et rédigé par ChatGPT 😄), j’ai obtenu un remboursement immédiat de 700 $ — preuve que Motorhome Republic prend le service client au sérieux, c’est pourquoi je les recommande !

Le générateur

Je pensais qu’il serait indispensable. En réalité, nous l’avons très peu utilisé :

  • Il sert pour le micro-ondes, la climatisation et certaines prises 110V.
  • Mais son utilisation est limitée à quelques heures dans la plupart des campings officiels (sinon le bruit dérangerait les voisins) (encore un avantage du camping sauvage !).
  • En roulant, on recharge déjà USB + une petite prise 110V, pas besoin du générateur pour cela.

Au final, son utilité a été marginale et au final une utilisation illimité n’est pas du tout rentable.

Gaz et autonomie

Frigo, congélateur, eau chaude, chauffage : tout fonctionne au propane et les réserves durent longtemps. C’est ce qui rend le RV quasi autonome, tant qu’on fait régulièrement le plein d’eau et qu’on vide les réservoirs d’eaux usées.


4. Gestion de l’eau et des eaux usées

Un camping-car est équipé de trois réservoirs :

  • Eaux claires (fresh water) : l’eau potable, utilisée pour la douche, la vaisselle, les WC.
  • Eaux grises (grey water) : vaisselle, douche.
  • Eaux noires (black water) : uniquement les WC.

Leur vidange se fait dans une dump station : on connecte un tuyau, on ouvre les vannes, et le tour est joué. La plupart de ces aires proposent aussi de l’eau potable pour remplir le réservoir, mais pas toujours.

Les stations-service Maverik (où l’essence n’est pas chère) proposent souvent des dump stations gratuites avec de l’eau. On en trouve aussi dans de nombreux campgrounds.

Il est souvent possible d’entrer dans les campgrounds payants pour utiliser leur dumpstation gratuitement.

Parmi les 3 réservoirs, le premier à être plein est généralement le gris. Nous avons croisé certaines personnes qui utilisent des savons biodégradables et vident leur réservoir gris sur le gravier des bords de routes.

L’hiver : dans certaines régions, des USA et du Canada, les températures descendent énormément en hiver donc les tuyaux risquent de geler et il est impératif de vidanger l’eau du camping car. Ce qui en limite considérablement l’intérêt. Je me suis sincèrement demandé si j’étais concerné. J’ai même organisé mon itinéraire en faisant plus de trajet de manière à aller d’abord dans les zones froides (Yellowstone, Yosemite) et terminer par les désert chauds.
Il faut savoir qu’un simple gel ne suffit pas geler le réservoir. Il faut que la température descende largement sous le 0°C pendant une assez longue durée pour que l’eau des tuyaux ait le temps de geler. J’ai demandé à ChatGPT d’établir une estimation précise de la température le jour et le nuit à chacune de mes étapes pour me rassurer.

Ces camping car de location sont très mal isolés. Il faut donc très chaud et très froid.
Au plus chaud, nous avons passé 2 nuits dans la death valley avec l’électricité branchée et avons pu utiliser la clim avant de dormir.

Au plus froid, pas de chance notre chauffage était cassé. Les enfants ont dormi avec des chaussettes et des bonnets. La mauvaise isolation faisait que la température baissait progressivement dans la nuit pour atteindre le minimum vers 5h du matin un peu avant le réveil.
Normalement le chauffage utilise le propane et un peu d’électricité pour le ventilateur. Les réserves de propanes durent longtemps mais il faut faire un peu attention à la batterie. Donc on peut mettre le chauffage à fond le soir et ensuite le régler un peu plus bas pour le reste de la nuit. Ensuite il faut faire tourner un peu le générateur ou bien brancher le camping car pour recharger la batterie (il ne s’agit pas de la batterie 12v du moteur).


5. Essence et budget carburant

Les RVs de Cruise America fonctionnent à l’essence (pas au diesel). La consommation est élevée : entre 25 et 30 L / 100 km en moyenne (d’après chatGPT).

Les prix varient énormément selon les États : lors de mon voyage, j’ai vu des écarts de 2,94 $ à 6,40 $ le gallon (soit de 0,78 € à 1,70 € le litre environ). La Californie est la plus chère, le Midwest beaucoup plus abordable et l’Arizona encore plus.

👉 Astuce : Google Maps affiche les prix des stations-service en temps réel, pratique pour éviter les zones touristiques où les prix flambent ou pour choisir la station où l’on va s’arreter.


6. Où dormir avec un camping-car

On ne peut pas dormir n’importe où, mais les possibilités sont nombreuses :

  • Walmart : beaucoup de magasins autorisent le stationnement nocturne (demander au manager).
  • Restaurants, fermes, parkings de campagne : parfois tolérés.
  • Parcs nationaux : uniquement dans les campgrounds officiels (20 à 38 $ la nuit).
  • Campings privés : plus chers, mais souvent avec électricité, eau et dump station.
  • Mais surtout aux environ des parcs nationaux ou dans certaines forêts, on trouve des lieux de campement aménagés avec un cercle pour le feu, totalement gratuits. Il est aussi possible de s’arrêter sur des pullouts, de grands espaces au bord de certaines routes.

Nous avons utilisé l’appli iOverlander (gratuite, mais limitée à un État à la fois). La communauté y recense d’innombrables spots gratuits ou payants, testés et notés par d’autres voyageurs.

👉 Personnellement, nous avons préféré les emplacements gratuits, souvent plus calmes et spacieux que les campings bondés des parcs. Comme nous arrivions tard et repartions tôt, l’essentiel était de trouver un endroit plat et tranquille. Par contre le camping sauvage étant interdit dans certains parcs nationaux il est parfois utile de dormir à l’intérieur pour éviter de faire un heure de route pour en sortir. A l’inverse dans certains parcs, il faut 10 min pour en sortir et rejoindre un lieu gratuit en forêt.

Les températures


7. Conclusion personnelle

Conduire et voyager en RV aux États-Unis, même avec un modèle de 30 pieds, s’est révélé beaucoup plus simple que je ne l’imaginais. L’autonomie, la souplesse d’itinéraire et la possibilité de dormir dans des lieux variés rendent le voyage unique.

Il est utile de réserver tôt, comparer les dates de départ, et de ne pas se laisser pas impressionner par la taille du véhicule. L’aventure en vaut largement la peine, et même les petits imprévus (comme mon histoire de draps) deviennent des anecdotes sympas à raconter.